Le bruant jaune

Chaque mois, Michel Brugière vous propose un article dédié aux oiseaux de notre commune.  

  

 

Bruant jaune (Emberiza citrinella)

Le Bruant jaune est une petite espèce de passereaux appartenant à la famille des Embérizidés, migrateur partiel (certains individus restent sédentaires en hiver, notamment en zone nordique). C’est une espèce en déclin.

 

 

Description :

C’est un oiseau qui mesure environ 16 à 17 cm, avec une envergure de 26 à 27 cm et une masse moyenne comprise entre 26 et 29 grammes.

Le mâle, la femelle et le jeune arborent un croupion et des sus-caudales brun roux.

Le mâle présente une tête jaune canari, rayée de vert brunâtre sur le dessus et les côtés. Les ailes et le dos sont brun roux jaunâtre, rayés de brun noir, avec les rémiges de cette dernière couleur, liserées de verdâtre et de brunâtre, les plus internes étant rousses.

Le dessous du corps est jaune, avec les flancs teintés de roux et rayés de brun noir.

La femelle est plus terne (en particulier le jaune des parties inférieures) que le mâle, avec moins de jaune et davantage de vert à la tête et à la gorge ; la poitrine et les flancs sont bruns, rayés de noir.

Les adultes effectuent une mue complète entre août et octobre, tandis que celle des jeunes est partielle entre juillet et octobre.

L’espèce présente un dimorphisme sexuel lié à la couleur.

En période nuptiale, le mâle devient jaune vif, en particulier au niveau du crâne, où les marques sombres tendent à s’estomper.

Comme chez de nombreuses espèces d’oiseaux, la femelle est plus terne : son jaune est pâle et le gris remplace le brun roux.

Le Bruant jaune est doté d’une petite tête, d’un corps rondelet et d’un bec conique adapté à un régime alimentaire granivore. Les pattes courtes des embérizidés ne favorisent pas la marche ni les déplacements fréquents au sol.

Le granivore se distingue d’ailleurs par sa façon de chercher sa nourriture à l’aide de sautillements au sol. Les pieds du Bruant jaune présentent trois doigts dirigés vers l’avant et un vers l’arrière, lui permettant ainsi de s’accrocher solidement aux branches.

 

 

Habitat :

Le Bruant jaune évolue dans des espaces ouverts et semi-ouverts de plaine et de moyenne montagne, à une altitude maximale de 1 000 mètres. Absent des milieux forestiers totalement fermés, ce passereau change de mode de vie selon les saisons.

En hiver, il fréquente la rase campagne où les terres cultivées lui procurent la nourriture qu’il recherche, souvent sous forme de chaumes, car les graines se raréfient.

Il passe la nuit en dortoirs en compagnie de ses semblables mais aussi de fringillidés, comme les pinsons, verdiers et linottes.

À partir de fin février, les milieux dégradés ne lui conviennent plus, car il a besoin d’arbres pour nicher. Au printemps, il occupe les milieux herbacés, idéalement de type bocager, pourvus d’arbres, de haies, d’arbustes ou de buissons.

Grégaire en saison internuptiale, le Bruant jaune devient territorial en période de reproduction.

Perché au sommet d’un buisson, le mâle chante au vu et au su de tous pour marquer son territoire.

 

Nourriture :

Tout comme son habitat, la nourriture du passereau varie en fonction des saisons.

En automne-hiver, le Bruant jaune consomme toutes sortes de graines (céréales, colza…) tombées au sol après la récolte.

Au printemps et en été, il complète son régime granivore avec des baies et des jeunes pousses, bien qu’à cette période il soit principalement insectivore. Ses besoins en protéines animales augmentent en période de nidification, car il dépense beaucoup d’énergie et doit également nourrir sa progéniture.

Parmi les invertébrés consommés figurent des diptères (mouches, moustiques), des lépidoptères (papillons), des éphémères, des trichoptères, des coléoptères, des sauterelles, des criquets, des mille-pattes, mais aussi des araignées et des lombrics, majoritairement capturés au sol.

 

 

Chant :

 

 

Nidification :

Chez cette espèce, la période d’accouplement commence assez tard, généralement fin avril-début mai.

Toutefois, la reproduction se poursuit jusqu’au début de l’été, permettant au Bruant jaune de mener deux, voire trois nidifications successives.

La femelle fabrique un nid près du sol, caché sous une touffe d’herbe et, de préférence, le plus près possible d’un buisson.

Avec méthode, elle tisse une coupe assez volumineuse à l’aide de tiges, de feuilles et d’herbes sèches, qu’elle tapisse ensuite de crins, de mousse et de végétaux fins. Pendant ce temps-là, le mâle défend le territoire.

La ponte comprend en moyenne quatre œufs blanc rosé, tachetés de brun. La femelle assure seule la couvaison pendant 11 à 14 jours.

À leur éclosion, les poussins nidicoles sont nourris par les deux parents jusqu’à leur envol, 10 à 15 jours plus tard. Les juvéniles restent encore quelques jours à proximité du nid avant d’être complètement sevrés.

De nombreuses nichées échouent en raison de la prédation (pies, corneilles…) et des activités agricoles.

 

 

Menaces :

Le Bruant jaune est la proie des chats domestiques, des corvidés et de rapaces.

Sa population est en fort déclin, principalement en raison des pratiques agricoles intensives, notamment la transformation des paysages (disparition des haies bocagères) et l’utilisation de pesticides, qui réduisent ses ressources alimentaires.

Le Bruant jaune reste toutefois un oiseau commun et n’est pas considéré comme en danger.

Il est classé en catégorie « préoccupation mineure » par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Espèce protégée en France par l’arrêté ministériel du 17 avril 1981, il ne peut être ni chassé, ni capturé, ni mutilé.

La destruction de son nid, de ses œufs ou de son habitat est également interdite.

La durée de vie du Bruant jaune est de 10 à 12 ans.

 

  

 
Et pour consulter les anciens articles :

 

La fauvette grisette 
Le bouvreuil pivoine
La linotte mélodieuse
Le grimpereau des jardins
Le rouge-gorge familier
Le pic épeiche
La troglodyte mignon
La Bouscarle de Cetti
L'alouette
Le pic noir
Le geai des chênes
La fauvette à tête noire
Le grosbec casse-noyaux
Le coucou gris
La chouette hulotte
Le loriot d'Europe
Le rossignol philomèle
La bergéronnette printanière
Le Martin Pêcheur d’Europe
L'hirondelle
La sittelle

 

 

Michel Brugière est né dans un petit village de Touraine au bord de la Loire. Photographe amateur passionné par l’ornithologie depuis son plus jeune âge, retraité depuis 2003, il se consacre pleinement à la photographie de cet univers.

Sa passion naît très jeune : dès l'âge de 14 ans, avec un jouet en bois de sa propre invention imitant un appareil photo "clic clac", il prenait virtuellement en photo les animaux de la ferme de ses parents à Savigny-en-Véron, en Touraine.

Dès lors, il commence à économiser pendant sa formation d'apprenti maréchal-ferrant pour s'acheter son premier appareil photo, un véritable appareil bien loin du jouet en bois !

Le temps passe et sa passion se renforce. Il devient pompier professionnel à Rambouillet; la photographie animalière devient alors pour lui une respiration, un moment pour changer d’air, se ressourcer, et s’imprégner des couleurs et des odeurs du monde vivant.

 

 

"J'adore les milieux sauvages, marais, roselières, forêts, sentiers isolés et parfois les pelouses calcicoles pour photographier quelques orchidées et autres fleurs sauvages. Mon souhait, à travers mes prises de vues, est de partager l'existence des animaux, de souligner la beauté des plumages et de saisir l'instant d'une posture. Ma passion va bien au-delà d'un simple amusement aujourd'hui.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de mes souvenirs de prises de vues et de mes attentes interminables pour capturer l'image parfaite.

Des anecdotes, j'en ai plein ma besace : du martin-pêcheur au tétras lyre, en passant par le guêpier d'Europe et bien d'autres ; des levers à l'aube aux longues heures d'attente, des émotions extraordinaires...

 

Aujourd'hui, pris dans les filets de ma curiosité et de la beauté, je continue d'arpenter les chemins d'Eure-et-Loir et d'autres coins de France et vous propose de voyager avec moi à travers ces chroniques"